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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 08:39

Un nom ? Il me fallait un nom…! La renommée !

Moi qui étais né des années auparavant

Dans le tumulte d’une liaison enflammée :

Ne portant même pas celui d’un père amant.

 

Moi qui avais grandi au sein d’une famille

Recomposée, posée à même une cité,

Dans le grand luxe d’un appartement de ville.

Moi qui tout jeune encore et déjà balloté,

 

Avais volé au dessus des pays d’Afrique,

Avais élargi mon atmosphère d’enfant

En atterrissant, par une nuit organique,

Sur le trait invisible d’un équateur plan.


Moi qui en étais revenu plein d’amertume

De n’être pas resté, plein de questions aussi

Sur un pays que je retrouvais dans la brume,

Par une journée froide, dans un corps transi.

 

Moi qui, de lieux en lieux, après quelques années,

M’étais retrouvé planté dans une cité

Sans plus de repères, à passer des journées,

À compter des heures, l’esprit tout agité.

 

Moi qui, pour oublier ces années si fertiles

En arrivées, en départs, en séjours partiels,

Restais souvent seul avec mes pensées futiles ;

Et visitais les paradis artificiels.

Par Obi178 - Publié dans : Poésie
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 16:28

De fait, j’avais un scénario pour l’existence,

En couleurs. Je voulais, sans vraiment trop savoir,

Incarner dans un registre tout en substance

Le rôle d’acteur de l'histoire, et tout avoir.

 

Quoi, le monde avançait sous le joug d’un empire

Au format visuel depuis longtemps, et moi

Je ne pouvais pas en capter la gloire, et pire,

Ne pas avoir mon image en grand ! – C’était moi !

 

Je devais me contenter, las, d’un second rôle,

Être figurant dans un film sans avenir :

Ma vie ; et de temps en temps sourire, être drôle,

Chic, beau, sans d’un public aimé, rien voir venir. 

 

Ah mais non ! Je voulais être de ce spectacle

Et vivre la promesse d’être reconnu.

Faire entendre ma voix. Devenir un oracle :

Un de ses grands hommes sur l’affiche, connu.

 

Goûter cette ivresse de la liberté d’être

Moi-même dans un dictionnaire, noir sur blanc !

À chaque fois, sur toutes les lèvres, renaître.

Faire parler le vers, surtout de mon vivant !

Par Obi178 - Publié dans : Poésie
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 16:26

Je partais dans l’idée de vaincre toute absence

De temps, de lieux. Je voulais, pour tout concevoir,

Percevoir dans le tumulte de la présence

Le déroulement de l'histoire : tout prévoir.

 

Le tout, tellement, qu'une seconde perdue,

Même, juste oubliée, affolait mon regard,

Faisait naître une seconde autre, inattendue,

Donnant au présent un petit peu de retard ;

 

Et ce si vite que ma vie un instant cause,

Hypothèse, circonstance, choix, suggestion,

S’effondrait, annihilée, me rendant tout chose :

Inapte à suivre de mon idée la notion.

 

Quoi, le monde cheminait comme une trotteuse

Au cadran sidéral d’une horloge, et moi

Je n’en pouvais plus saisir la marche boiteuse,

Ni son impact sur ma pensée… ?! – Mais, c’était moi !

 

Je devais subir, entendre ma mécanique,

Mon esprit, fier de ne pas connaître l’échec,

Se heurter au règne soudain anachronique

D’un autre rythme ! – Je n’étais pas un blanc-bec !

 

Et bien non ! À l’allure d'un passant en phase

Je poussais mon corps à la tension du moment.
En offrant au vent une course dans l’extase

Dans le plus pur style aérien du mouvement !

 

Je rattrapais le temps, l’englobais ! Et ma vie

De nouveau, battit le tempo d’un fait-divers !

La mesure du monde ! C’était la folie !

L’harmonie en vingt, en trente de l’univers !

 

Il est vrai que je voulais, pour tout, prévoir, voire

Percevoir dans la continuité des instants

Le plus imperceptible élément de l’histoire :

Même perdu entre les secondes du temps !

Par Obi178 - Publié dans : Poésie
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 17:21

Oh la la, que de courses extraordinaires,

De départs insolites, d’attentes sans fin,

De présences colossales, de vrais mystères

J’ai rêvés ! pour embellir mon pauvre destin.

 

J’ai été, parfois, dieu, le diable ou son prophète,

L’homme providentiel d’une génération,

Le centre du monde au milieu de la tempête,

L’éclair de génie engendré par la passion.

 

À d’autres moments, dans ma folie faite homme

Simple, indifférent : être humain en tout mortel

J’ai croqué, à pleines dents, plusieurs fois, la pomme,

Et me suis gavé de son nectar immortel.

 

J’ai été, par amour idéal, le grand tendre,

Le beau ténébreux aux instincts si perturbants,

Le fils maudit toujours prêt à faire l’esclandre.

J’ai même eu des gestes déplacés, imprudents !

 

J’ai pensé des mots, des idées philosophiques.

J’ai pensé à rien. J’ai souvent pensé trépas :

Le mien, pour satisfaire mes goûts spécifiques.

J’ai même eu des avis que les gens n’avaient pas…!

 

C’était en ce temps où l’âme encore naïve,

Plus vraiment innocente, arpente les chemins

Dans l’espoir d’une révolution affective,

Inondant de paix et d’amour tous les humains.

 

C’était en ce temps où le corps, vrai réceptacle,

Réservoir brûlant de sensations, d’émotions,

De sentiments nouveaux  qui s’offrent en spectacle,

Fait vibrer le cœur de multiples impressions.

 

C’était en ce temps où l’esprit en abondance,

Juste né et déjà porteur d’identité,

Affiche ses prétentions avec évidence,

Avec mauvaise foi, et beaucoup de fierté !

 

C’était en ce temps qu’on appelle adolescence,

Sentier lumineux pour les uns, vers les hauteurs,

Chemin de croix, pour d’autres, chargé de violence,

Attirés par le mirage des profondeurs.

 

Par Obi178 - Publié dans : Poésie
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 14:17

J'ai fait de l'allitération sans intérêt

Une répétition à la fonction rythmique

Où l'assonance, le phonème sans arrêt

Rend l'alternance antinomique synthétique.

 

J'ai pratiqué l'homonymie en continu.

Sauf le respect que je dois à Saint Apocope,

Tel un Hercule nominal un peu moins nu

J'ai montré mes ïambes, et fait péter le trope !

 

J'ai semé à tous les vents l'annomination.

Sur tous les lais, dans tous les trobars à monèmes

Je n'ai fait que récolter la gémination :

Le bruit sourd, lourd, du mot et de ses anathèmes.

 

J'en fis, terrassé, une syncope : un rejet

Qui me laissa sur mon lit, sans une parole,

Activement gardé tel un brave sujet

Par Dame Léonine, et sa fille Carole.

 

Requinqué, je fus jugé pour fatrasie, si !

Coupable, je dus abjurer tous mes vieux crimes,

Aller à catachrèse, me faire petit

Et cesser mes poèmes, prétextes à rimes.

Par Obi178 - Publié dans : Poésie
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